Jean-Luc Warsmann, président de la commission des lois, a annoncé
le 19/09/07 l'ouverture
à l'Assemblée Nationale d'un site internet dédié
à la simplification des textes. Ce site, qui s'appelle tout
simplement simplifionslaloi,
fait dans l'extrême simplicité puisqu'il ne comporte que deux
pages.
La page d'accueil présente les objectifs du site et délimite
son champ d'application. Et comme sur l'unique page de Dites-le
au ministre, qui répondait à une problématique
similaire, l'internaute est invité à remplir un formulaire.
Mais ici il y a une deuxième page ... qui représente une
amélioration importante par rapport à Dites-le
au ministre dont nous
avions déploré qu'il ne publie pas les contributions
des internautes. Il suffit pour y accéder de cliquer sur Consulter
les contributions reçues.
Cliquons !
Les contributions sont empilées les unes à la suite des
autres, la plus récente en haut de page. 26 jours après le
lancement du site, il y en a 399 (elles ne sont pas numérotées,
il m'a fallu les compter !). On n'ose imaginer la longueur de la page à
la fin de la législature (puisque tel est le terme que se sont fixés
les législateurs), même si le flot s'est assagi après
l'effet d'annonce (113 contributions les 3 premiers jours, une moyenne
de 12 par jour depuis). Et ce n'est pas le lien très discret sur
la page d'accueil du site de l'Assemblée Nationale qui va drainer
beaucoup de monde !
L'analyse du contenu des contributions permet d'en distinguer de 3 sortes
:
- des contributions répondant à l'objectif du site (environ
un quart)
- des commentaires généraux sur la démarche :
beaucoup de félicitations, quelques critiques, des commentaires
sur la méthode ... (environ un quart)
- des contributions hors-sujet : confusion entre simplifier et changer
la loi, confusion entre simplification administrative et simplification
de la loi, lobbying des généalogistes amateurs en faveur
d'un accès gratuit et illimité aux archives de l'état-civil
... (environ la moitié)
Ceci est le résultat d'une modération très laxiste
qui n'est pas pour faciliter une consultation déjà pas évidente,
puisqu'il n'est possible ni de trier, ni de sélectionner, ni de
faire une recherche par mots-clefs.
Tout site participatif respectueux du citoyen devrait également
comporter :
- la possibilité de commenter les contributions publiées
- un suivi public de la progression du traitement des dossiers et du
sort final réservé aux suggestions.
La rusticité de simplifionslaloi
augure mal du tavail entrepris par les parlementaires si elle reflète
l'indigence des moyens dont le projet a été doté.
Mais si elle résulte d'une improvisation dans l'urgence, il
est encore temps de l'améliorer en utilisant les outils du web 2.0
pour qu'il devienne un véritable outil de dialogue, c'est à
dire dans les deux sens, entre élus et citoyens.