La navigation au fil de l'eau est parfois l'occasion de découvertes.
C'est grâce à Wikipedia
et son article debate
que je suis tombé sur :

Ce site expérimental développé par l'américain
James D. Taylor est une tentative de structuration et d'automatisation
de débats.
La structure est binaire, pour ou contre, mais peut se développer
sur plusieurs niveaux d'arborescence.
L'internaute est invité à ajouter des arguments et à
évaluer la pertinence de ceux déjà publiés.
De son coté, le logiciel met à jour en temps réel
un score aggrégé pour chaque niveau de l'arborescence en
remontant jusqu'au niveau 0, c'est à dire à l'objet du débat.
Première constatation, cette version Béta est très
avare d'explications aussi bien sur son mode d'emploi que sur sa mécanique
de fonctionnement. Deuxième constat, l'énoncé des
sujets de débat est trop approximatif. Enfin, il faut s'inscrire
pour participer. Dans ces conditions, il n'est pas surprenant que la fréquentation
du site reste faible.
Sur le fond, que penser de cette approche ?
Les informaticiens ont toujours rêvé de s'attaquer à
des domaines peu perméables à la logique mathématique
et on ne doit pas les en blâmer. Tout ce qui peut aider l'homme à
penser et à fabriquer du consensus doit être encouragé.
Mais en n'ayant pas les moyens de leurs ambitions, ils courrent le risque
d'être trop réducteurs.
Réductrice, cette approche l'est à plusieurs titres :
- en voulant résumer un débat par un score unique (sur
une échelle de 0 à 100%)
- en n'attendant pas une certain degré de complétude
du débat pour calculer le score
- en donnant le même poids à tous les arguments
- en ne contrôlant pas la population des votants
Ne serait-il pas plus judicieux de renoncer à calculer un score
global, et d'offrir la possibilité aux internautes de calculer un
score basé sur leur propre perception du poids et de la validité
des arguments publiés ?
Sur la forme, il y a aurait beaucoup à dire, mais je me
contenterai de relever un point très positif qui mérite d'être
repris par d'autres organisateurs de débats en ligne : la
longueur des titres et des contributions est limitée par construction,
barrant ainsi la route aux bavards pour rendre la lecture plus agréable
pour tous.
