Ce site de la Sécurité Routière destiné
à recueillir les problèmes de signalisation est maintenant
opérationnel depuis 7 mois.

Depuis que nous en avons publié une analyse
critique le 25 août 2004, le site n'a pas évolué
d'un pixel, et personne n'en parle plus. Quelle a été
son audience? Combien de signalements ont été faits? Combien
étaient justifiés? Combien ont été pris en
compte?
Comment le savoir ? Eh bien, le plus simple était de le demander
au ministre ! C'est ce que nous avons fait à l'occasion d'un chat
qu'il avait organisé en compagnie de Rémy Heitz en clôture
d'un forum sur la sécurité routière sur www.forum.gouv.fr.
Voici leurs réponses :
Rémy Heitz : C'est un site qui
est très consulté : plus de 50 000 consultations depuis le
mois de juillet. Beaucoup de remarques également : plus de 5 000
messages de signalement, notamment sur la vitesse. Les services de la DDE
(*) répondent. Plus de la moitié des messages ont reçu
une réponse effective, par mail, par écrit ou par téléphone,
et nous nous employons à corriger les défauts signalés.
Parfois, il faut expliquer les raisons d'une limitation de vitesse ou de
l'implantation de tel ou tel panneau. Cela marche bien, beaucoup d'usagers
jouent le jeu.
Gilles de Robien : Des marges de manoeuvre
nouvelles pour la sécurité routière peuvent être
ouvertes par des internautes qui nous donnent des idées, donc c'est
vraiment une oeuvre collective.
5000 messages, ce n'est pas négligeable, mais c'est finalement
peu rapporté au nombre d'usagers de la route (environ 1 pour 8000).
Il semble par ailleurs que le rythme se ralentisse, car le site avait déjà
reçu 4000 messages en octobre 2004, soit à peine 3 mois après
l'ouverture du site (**).
Cette initiative, dont nous avions salué l'intérêt
et l'originalité dans l'edito
de décembre 2004 , ne tient donc pas ses promesses. A
quoi cela tient-il ?
-
la communication a été bonne au lancement du site , inexistante
depuis. Et si Google le place en tête avec les mots-clef "problème"
et "signalisation", on ne le trouve pas avec "anomalie" et "signalisation".
-
le site se limite toujours à un formulaire. A défaut
de pouvoir consulter les requêtes en cours et l'avancement de leur
traitement comme nous le demandons, un minimum consisterait à publier
les statistiques du site, des "success stories", les signalements les plus
fréquents ...
-
le suivi n'est pas toujours assuré. Même si les DDE (*) répondent,
elles ne sont pas en mesure de régler certains problèmes
signalés qui ne sont pas de leur ressort (voiries municipales, autoroutes
concédées ...) et renvoient alors sur les municipalités
ou les sociétés d'autoroute qui, elles, ne sont pas tenues
de répondre.(***)
Pour que l'oeuvre collective que Gilles de Robien appelle de ses
voeux prenne forme, il faut qu'il y mette l'intelligence et les moyens
qui lui manquent cruellement.
(*) DDE = Direction Départementale de l'Equipement
(**) Questions orales à l'assemblée nationale
du 19 octobre 2004
"Depuis le mois de juillet, un site Internet intitulé
« dites-le-au-ministre » a été ouvert. Il permet
à tous les usagers de lui faire part de leurs remarques. Plus de
40 000 connexions ont été enregistrées et plus de
4 000 messages déposés. Ils sont en cours de traitement dans
les services des DDE et des collectivités locales, mais ce travail
prendra du temps. Déjà, les premières modifications
ont été faites."
Frédéric de Saint-Sernin, Secrétaire
d’Etat à l’aménagement du territoire
(***) Je n'ai pas reçu de réponse de la
SAPRR ni de la municipalité de Chagny (71) à deux signalements
faits sur ditesleauministre.